Banques des Territoires

Compte rendu du Comité technique national du 16 février 2018 en cliquant sur ce lien : http://cfdtcdc.fr/wp-content/uploads/2018/03/CR-CFDT-CT-national-du-16-février-2018.pdf

Banque des Territoires (BdT)

Beaucoup de questions mais peu de réponses de la direction s’agissant du devenir des missions de l’Etablissement public et de ses Personnels !

 

En vue de l’information sur la réorganisation de l’EP présentée au Comité Technique du 16 février, la CFDT a lancé une concertation élargie auprès de ses adhérents.

Qu’est-ce que la Banque des Territoires ?…

L’annonce en direct lors des interventions du DG ou du DGA concernant la création de la Banque des Territoires – BdT – (sans respecter l’information préalable des instances de représentation des Personnels) a suscité un important questionnement au sein des Personnels de la Caisse.

Première alerte, le renforcement de la BPI dans le partage de “clientèle”, fortement impulsé par le gouvernement, suscite des inquiétudes concernant les projets de réorganisation interne, notamment les missions et moyens dévolus à l’Etablissement public et les emplois afférents.

Lors du CTN la CFDT a porté ces questions auprès du DG et du DGA O. Sichel désigné pour porter le projet de BdT et nous avons pu constater que nos nouveaux responsables sont “agiles”, car dans le tchat organisé 3h après le CT, le discours a évolué et a habilement intégré une partie des remarques de fond de la CFDT concernant les valeurs, les missions d’intérêt général, les clients… : opportunisme ou conviction ? Paroles suivies d’effets ? Nous serons vigilants sur le suivi de ces engagements.

Les questions CFDT concernant les conséquences pour le personnel (effectifs, conditions de travail …) ont par contre été soigneusement esquivées.

La réorganisation de l’EP : un organigramme simplifié avec 3 pôles :

  1. Gestion d’actifs (DPF, DFE),

  2. Banque des territoires (DIDL, DPH, DCB, DRT),

  3. Retraites (DRS).

 Fédérer les directions métiers dans un pôle “Banque des Territoires”, avec une direction unique serait l’innovation principale.

Ce « projet managérial » viserait à mieux faire travailler les équipes ensemble, à supprimer les concurrences métiers (et d’ego ?) sans impacter les missions de l’EP.

Mais que deviennent les fonctions supports des directions ?

Qu’en est-il de l’évolution des effectifs après les départs massifs en retraite ?

La CFDT a rappelé la spécificité des missions d’intérêt général de la CDC et son indépendance dans le contexte actuel des grands manœuvres sur la cession de ses participations financières et nous avons regretté que cette culture “d’intérêt général” soit peu présente dans le document de la direction (il s’agit pour la direction de la Caisse de suppléer aux baisses de dotations de l’Etat et aux conséquences de la baisse des APL pour les organismes de logements sociaux …)

Un effort néanmoins …

Pour compenser la “sécheresse” du Power Point sur la BdT sur cette valeur fondamentale, O. Sichel (dirigeant pressenti de la BdT) a fait un effort manifeste dans le “tchat” pour rappeler un peu les valeurs de la CDC.

La CFDT a fait part de ses inquiétudes sur les impacts et conséquences en termes d’emplois (nombre, compétences attendues) de la réorganisation. A ce stade, aucune information sur le devenir des moyens généraux des directions “agglomérées”. La CFDT y sera très vigilante dans le cadre du CHSCT et du CT.

Concernant les Directions Régionales, quel sera l’impact de cette fonction d’ensemblier qui nécessite de conjuguer une offre intégrée des différents métiers y compris le PIA ?

Inquiétude sur la direction des Retraites et de la Solidarité DRS isolée dans un autre pôle spécifique (nous avons rappelé les relations sur l’activité du FIPHFP à maintenir entre DRS et les DR).

Quels seront les profils de compétences nécessaires pour l’accompagnement d’un client d’amont en aval ? quels sont les effectifs projetés des DR ? les départs à la retraite seront-ils remplacés ? la tension est actuellement grande dans certaines DR qui n’ont pas de visibilité sur ce point

Quel sera le rôle de la Poste qui est évoqué dans les journaux mais pas dans les communications CDC ? Quel impact sur les missions des DR ? Quel impact sur le métier bancaire ? Quelles conséquences pour notre réseau préposé qu’est la DGFIP (direction générale des Finances publiques) qui progressivement se recentre sur ses missions régaliennes ?

Concernant l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) – donc DIDL, DRT – absente du projet présenté, le DG s’est exprimé pour signaler que la “la réflexion commence, qu’ils sont en cours d’étude pour clarifier la répartition des rôles entre la BPI “financement des entreprises” et la CDC, légitime sur l’ESS.

Quels seront les impacts de la séparation DPH DFE ? Ils ne se limiteront certainement pas à la seule mise en place d’une comptabilité analytique telle qu’annoncée en CT : un peu sommaire comme réponse ! Changement de doctrine ? à suivre …

La direction des Clientèles Bancaires – DCB : matrice de la BdT ?

 Créer une marque pour regrouper les activités concurrentielles (BPI, CDC HABITAT, SCET) et réglementées (DIDL, DPH, DCB, DRT) sous une bannière unique ?

 Pourquoi pas, pour être plus visible et plus simple à comprendre.

Mais se pose la question du nom et surtout le choix du terme « banque » … la BdT sera-t-elle une banque d’affaires comme suggéré par O. Sichel à la journée DIDL ? Un pôle de l’EP, fédération de métiers avec un modèle économique “hybride” (EP et filiales dans le secteur concurrentiel) peut-il prendre ce nom ? Une étude marketing de notoriété serait utile pour tester cette “marque” qui suscite beaucoup de réticence en interne.

Les exemples de groupes privés tels que Bouygues, LVMH cités dans le tchat sont-ils vraiment des références appropriées ?

L’orientation client :

Comme dirait la marionnette de Steve Jobs dans les guignols, « Ceci est une révolution, il faut tout racheter ». Depuis l’an 2000, les DR organisées en “Réseau Orienté Client” mettent en œuvre l’orientation client avec efficacité. Dans les territoires, nos clients surtout les publics, connaissent bien la CDC et savent la solliciter. Les attentes des clients concernent plutôt la lisibilité de notre offre, sa cohérence, l’allégement des procédures et la capacité de la CDC à mettre en œuvre rapidement.

Notre nouvelle direction n’a sans doute pas encore pris toute la mesure du travail accompli par ses équipes, au plus près des territoires et auprès des clients publics et privés, réalisé par les directions régionales de la CDC réorganisées à cet effet à plusieurs reprises, la dernière en date pour accompagner la réforme des Régions. Encore une nouvelle réorganisation en perspective ? Quel gâchis d’énergie si c’est le cas !

Une annonce du DGA bien accueillie en DR si elle est réellement mise en œuvre : la déconcentration annoncée du pouvoir de décision aux DR avec une bonne articulation des métiers pour proposer une offre globale. Mais le vrai sujet n’est-il pas celui de la lourdeur de nos procédures internes d’instruction ?

Cependant une inquiétude persiste : une vision réductrice des clients par la direction.

Les éléments d’étude de marché présenté sur Power Point de la direction ciblent uniquement les SPL (collectivités locales, SEM, OLS et professions juridiques) et pose question quant au périmètre d’intervention de la future BdT.

La CFDT a interpellé le DGA en CT sur la spécificité de DIDL concernant la diversité des natures de clients qui ne sont pas limitées aux SPL pour le métier investisseur (opérateurs privés de tourisme, de l’énergie, du transport ou associations, fondations, etc…) et a attiré l’attention notamment sur les hôpitaux et les universités. La réponse d’O. Sichel dans le tchat (DIDL investit aux côtés d’entreprises pour “servir le territoire et les utilisateurs finaux, les habitants”) est trop vague et réductrice. A suivre : les évolutions de la “doctrine DIDL… et l’évolution du positionnement de la CDC comme “tiers de confiance”, comme partenaire d’un groupement pour répondre à un appel d’offre…

Concernant les clients de la DCB, de nombreuses interrogations concernant les consignations et son réseau en DIR ainsi que les fonds en déshérences – CICLADE – dont les clients sont en amont les entreprises et les organisations professionnelles et en aval des particuliers.

Deux filiales associées à la BDT et une position à part pour la BPI

Fortes interrogations sur le lien affiché entre CDC Habitat (ex SNI) et la BdT comme celui entre la SCET et une direction “expertise-conseil” de la BdT.

Entre l’affichage et la faisabilité, il y a un fossé concernant les principes de mise en concurrence. Si comme le dit O. Sichel, ”les problèmes juridiques ne doivent pas être des raisons de ne pas agir”, il conviendrait de lever les obstacles juridiques permanents que connaissent tous les acteurs de terrain qui font intervenir des filiales par exemple la SCET dans le montage de projet. Les récentes nominations au sein de la direction juridique sont-elles le signe d’une volonté “facilitatrice” sur ce sujet ? A suivre !

Le positionnement très fort de BPI et son rapprochement avec l’Agence France Entrepreneur (au détriment de la CDC ?) suscitent de fortes craintes et interroge sur d’éventuels démantèlements d’activités de DIDL comme DECS ou comme l’axe tourisme qui suscite des convoitises. La BPI semble s’inscrire dans l’interface des Régions, grandes absentes de la présentation de BdT …

 La Plateforme numérique de la BdT :

 Outil commercial permettant une entrée client et une mise en commun, une transversalité au sein de la BdT ? Ou d’autres enjeux de la transformation digitale ? Quelle compatibilité avec la volonté récurrente “d’industrialiser” et la complexité des opérations gérées par la CDC ? Quelle sera le rôle et le positionnement du réseau dans la plateforme ?

Nous serons très vigilants sur le cahier des charges de cette plateforme, sur les impacts éventuels en terme d’emplois et l’assurance qu’elle ne complexifie ou n’alourdit pas le travail mais bien qu’elle simplifie les processus, les reportings et les relations internes et externes au profit de tous.

Le projet de Banque des Territoires sera soumis au vote du CTN le 27 mars. Le passage dans cette instance ne sera pas pour autant un chèque en blanc accordée par la CFDT : nous exigeons que les représentants du Personnel soit régulièrement consultés sur l’avancée de ce projet afin de pouvoir préserver les missions de la CDC et l’activité de ses Personnels.

Des groupes de travail vont être mis en place. O. Sichel s’est engagé à “associer les équipes pour mettre en place une réorganisation qui ait du sens”, à prendre le temps qu’il faut”, l’échéance de mai étant une étape “de présentation”.

Engagement responsable ou encore une fois un beau discours ? Nous jugerons sur les actes et sur le long terme…

Une année bien chargée…beaucoup d’interrogations, une grande vigilance pour préserver nos conditions de travail tout en abordant néanmoins positivement le changement s’il préserve les valeurs de la CDC, sa pérennité et son capital humain.